Scientisme, Romantisme, Bouddhisme
Dans cet enseignement approfondi, Bhante Bodhidhamma explore trois grandes voies par lesquelles l'Occident reçoit les enseignements du Bouddha : le scientisme, le romantisme et la psychothérapie. Il distingue clairement la science authentique du scientisme matérialiste, qui réduit tous les phénomènes aux processus physiques et nie la réalité de la conscience. Contrairement à cette vision, le Bouddha enseigne trois composants de l'être humain : la nature physique, la nature mentale, et l'élément du Nibbāna.
L'enseignement examine également comment le romantisme européen, avec son idéal d'union avec la nature, diffère de la voie bouddhiste vers la libération. Bien que le Bouddha apprécie la beauté naturelle, l'objectif n'est pas de faire un avec la nature mais de transcender complètement le monde phénoménal vers le Nibbāna inconditionné.
Enfin, Bhante explore les parallèles et différences entre la psychothérapie occidentale et la méditation bouddhiste, soulignant que bien que les deux puissent guérir les turbulences mentales, seul le Dharma vise la transcendance complète de la souffrance. L'enseignement culmine avec une citation puissante d'une arahant contemporaine décrivant la réalité incondidionnée qui ne naît ni ne meurt.
Ce que j'espère faire pendant cet enseignement, c'est de clarifier les enseignements du Bouddha. Partout où l'enseignement du Bouddha s'est diffusé, il a toujours été reçu par une culture, à travers la culture. De sorte que peu à peu, ça a été légèrement détourné de son origine, et ça prend du temps pour que nous soyons capables de voir tout ce qui est vraiment typiquement l'enseignement du Bouddha.
Il y a trois grands chemins qui nous permettent de recevoir au mieux l'enseignement du Bouddha. La science, les neurosciences, le romantisme et la psychothérapie. Je vais essayer d'être très vite sur tous ces trois points et j'espère ne pas passer autant de temps qu'hier soir.
J'ai ici une définition de la science qui ressemble plus à une religion dans la mesure où elle présume de certaines choses. Le mot scientisme existe en français. Il n'existe pas en anglais. C'est une sorte de croyance. Et je veux citer le grand sociobiologiste E.O. Wilson. Il a créé cette nouvelle discipline qui s'appelle la sociobiologie. C'est-à-dire comment la biologie affecte nos différents comportements sociaux.
Dans son livre qui s'appelle Consilience, l'unité de la connaissance, l'idée de consilience, ça veut dire ramener ensemble. Il dit que tous les phénomènes tangibles, c'est-à-dire tout ce dont nous faisons l'expérience, le mot phénomène représente tout ce dont on fait l'expérience. Des étoiles jusqu'au fonctionnement des institutions sociales sont basées sur des processus matériels qui sont réductibles en fin de compte. Ils sont réductibles même si la séquence est très longue et tortueuse à la loi de la physique. En d'autres mots, de la physique, vous obtenez la chimie. Vous obtenez la biologie. Vous obtenez les gens. Vous obtenez la société. Tout ça, c'est basé sur des particules subatomiques. Même la conscience. Ce n'est pas la position bouddhiste.
Le Bouddha dit qu'il y a trois composants qui constituent un être humain. Notre nature physique, notre nature mentale et l'élément du Nibbāna. Maintenant, quand nous méditons, ce que nous expérimentons est ce que l'esprit nous offre. Le contact entre l'esprit et les éléments physiques ne se produit qu'au niveau des bases des sens. Et la séparation de ces deux-là fait partie du fait de déconstruire tout sentiment de substance. Mais l'esprit a sa propre énergie, sa propre forme.
En méditation, ça arrive, c'est très rare, mais ça arrive que le corps mental sorte du corps physique. Quand ça vous arrive, vous ne pourrez pas en douter. Comme je l'ai dit, c'est très rare. Seul un de mes méditants a eu cette expérience. Mais les gens qui ont eu cette expérience tendent à ne pas en parler aux autres. Parce que dans notre société de science dure, les gens croiront probablement que vous avez eu un déclin psychotique.
Une femme m'a dit qu'elle sortait de son corps régulièrement. N'oubliez pas que de votre point de vue, vous n'allez pas croire cela. Mais c'est toujours bon de garder l'esprit ouvert. C'est toujours bon de ne pas arriver à une conclusion.
J'étais dans un train et certains fans de rugby sont arrivés dans le train. Ils avaient bu un petit peu trop. Ils étaient assis juste en face de moi. L'un d'entre eux m'a demandé, « Est-ce que vous êtes un moine bouddhiste ? » J'ai répondu, « Oui, je le suis. » Et il m'a dit, « Je ne crois pas en la réincarnation. » Je lui ai dit, « Qu'est-ce que tu en sais ? Vous ne le savez que par votre expérience personnelle. Alors pourquoi vous arrivez à cette conclusion ? Parce que vous n'en avez pas fait l'expérience. » Et son ami lui a répondu, « Mais oui, effectivement, pourquoi tu arrives à des conclusions ? »
Donc, tout ce que vous entendez ici, gardez l'esprit ouvert. Peut-être que c'est vrai, peut-être que non. Ce scientifique dont on a parlé est un agnostique. Quand il s'agit de Dieu, il n'a pas encore pris sa décision. Il y a encore un souci avec tous ces scientifiques, c'est qu'ils n'arrivent pas à découvrir comment tous ces éléments chimiques produisent notre vie interne. Ils ne savent pas comment le monde physique objectif se transforme en un monde interne subjectif.
Il y a un essai très intéressant par un philosophe qui s'appelle Nagel qui est lui-même un matérialiste scientifique. Il s'appelle « À quoi ça ressemble d'être une chauve-souris ? » Une chauve-souris vit uniquement d'après les sons qu'elle entend. Ça s'appelle le problème dur en science.
Un autre philosophe qui s'appelle David Chalmers, il est arrivé avec ce qu'il pense être une solution. Il pense que la conscience fait complètement partie du monde. En d'autres mots, il y a de la matière, il y a l'énergie électromagnétique, et il y a la conscience. Donc il se rapproche beaucoup de ce qu'on appelle le dessein intelligent. Donc nous nous retrouvons au panthéisme. Où il y a un Dieu ou une conscience qui sature l'univers et qui le dirige. Il ne va pas aussi loin que ça. Vous pouvez le voir sur TED. Si quelqu'un veut ces liens, je peux vous les envoyer.
Dans le bouddhisme, l'esprit est une forme d'énergie séparée. Et vous pouvez dire que c'est saturé avec cette forme plus dure d'énergie que nous appelons les particules subatomiques et la conscience est juste une partie de ces 5 agrégats qui constituent l'être humain. Le premier de ces cinq agrégats c'est le côté physique. Le second c'est tous les ressentis ou les sensations que nous avons dans le corps. Des sensations ou des ressentis qui sont causés à la fois par le corps et par l'esprit ou le cœur. Toutes nos perceptions et nos concepts, c'est la partie la plus fine de notre esprit, la partie qui pense, qui imagine et toutes nos habitudes qui incluent tout cela, mais c'est une construction qui est en nous et qui est créée par nous.
Le processus de ressenti, de perception, est apporté, nous est offert, nous est donné avec le corps. Mais ces saṅkhāras, ces conditionnements volontaires, sont créés par nous. Et nous sommes un recueil, un ensemble, une collection de ces habitudes. Dans la psychologie bouddhiste, on commence par une action. Si vous refaites cette action souvent, vous créez une habitude. Si on met toutes ces habitudes ensemble, on a une personne ou une personnalité. Et c'est ça qui vous entraîne vers votre destinée. On reviendra à cela quand on parlera de la moralité.
Il y a un autre problème qui a été résolu assez récemment, je pense, dans le domaine de la biologie. Les biologistes commencent maintenant à voir que l'être humain est juste une collection d'algorithmes. Maintenant, je suis arrivé à ce mot, algorithme, avec Google. Tout le monde disait que Google avait un algorithme incroyable. Donc, pour moi, c'était un vrai mystère. Jusqu'à ce que quelqu'un m'explique qu'un algorithme c'est juste un joli mot pour dire un processus. Par exemple, quand on parle de pain, il y a tout un processus pour arriver jusqu'au pain. On appelle ça une recette. Ensuite on crée des machines pour faire du pain. Et on programme la machine pour faire le pain. Et on appelle ça un algorithme. L'algorithme, c'est juste la recette. Excepté qu'elles deviennent de plus en plus fines, subtiles, intelligentes.
Et donc il semblerait que grâce à l'évolution moderne des techniques, ces algorithmes peuvent se corriger eux-mêmes et grandir et se développer. Ils sont capables de battre des champions d'échecs. Il va falloir se prosterner devant les algorithmes maintenant.
Cela présente un problème d'un point de vue de l'évolution parce que si nous sommes juste un ensemble d'algorithmes, vous voyez votre ami être attaqué ou mangé par un lion, tous vos algorithmes commencent à prendre quelque chose de cette situation et dorénavant vous verrez les lions comme quelque chose de dangereux. Donc la prochaine fois que vous verrez un lion, vous courrez dans la direction opposée. Alors pourquoi avons-nous besoin de la conscience ? On semble avoir maintenant un gros problème avec la conscience parce qu'il semblerait qu'elle ne soit pas nécessaire à l'évolution.
Cette façon de penser ne devrait pas nous être trop étrangère. Les animaux ont passé des moments bien difficiles à cause de la culture occidentale. La culture chrétienne. Peut-être musulmane aussi, je ne sais pas. Saint Thomas d'Aquin, le grand philosophe du Moyen-Âge, a dit que les animaux n'avaient pas d'âme. Et la Bible nous dit qu'ils ont été créés pour notre bénéfice. Il y a une histoire apocryphe sur Sarah Palin. Elle était sur le point d'être vice-présidente des États-Unis il y a quelque temps. Elle a dit, « Si Dieu n'avait pas voulu que nous mangions des animaux, il ne les aurait pas faits de viande. »
Ensuite Descartes a dit que les animaux n'avaient aucun ressenti et selon Newton les animaux n'étaient que des machines. Donc, au XVIIe siècle, personne ne s'inquiétait au sujet de faire des expériences sur les animaux vivants, par exemple. L'idée que les animaux ne ressentent rien, ne vivent rien se retrouve dans l'idée d'un être humain qui ne serait qu'une série d'algorithmes. Donc il semble que de différentes directions la science s'oppose à cette notion de conscience.
Du point de vue du Bouddhisme, il n'y a aucun problème avec la conscience. Le Bouddha a parlé d'un corps fabriqué par l'esprit. Et quand on meurt, c'est ça, cet esprit, cette conscience qui quitte le corps physique. Malheureusement, les mots que nous employons pour ce type d'être sont très mal vus en Occident. Des mots comme les esprits, les fantômes. Mais encore une fois, je connais des gens qui ont vécu ces choses, et c'est à vous de garder votre esprit ouvert, de ne pas arriver à une conclusion.
Le deuxième gros problème est l'éthique. Dans la mesure où tout est un processus d'algorithme, il n'y a pas d'espace pour la liberté, le libre arbitre. Vous avez certainement entendu parler de ces expériences qui ont été faites pour montrer qu'on prend des décisions avant même d'en être conscient. Du point de vue du bouddhisme, ça s'appelle manque d'attention, tout simplement. On a prouvé, ne serait-ce que ces jours-ci, en méditant, qu'on peut être conscient d'un désir à l'instant où il apparaît. Et au fond, je n'ai pas vraiment envie d'être conscient de toutes mes décisions. Je n'ai pas envie de faire une grande décision chaque fois que j'ouvre et ferme une porte. Il y a des choses que j'aimerais qui soient automatiques. Même le fait d'agiter ma main en l'air comme ça est inconscient.
De toute façon, c'est Einstein qui dit : « Les actions d'un homme sont déterminées par la nécessité externe et interne de sorte que dans les yeux de Dieu, il ne sera pas plus responsable qu'un objet inanimé peut être responsable des mouvements qu'il anime. » Ce n'est pas du bouddhisme.
Il n'y a pas de libre-arbitre dans le Bouddha Dharma. La notion de libre-arbitre vient de Saint Augustin. Dans le christianisme, le problème, c'est qu'on a dit que Dieu nous a créés pour que nous l'aimions. À quoi ça sert de créer quelqu'un que vous avez conditionné à vous aimer ? C'est pour ça qu'on a dit que nous avions un libre arbitre de sorte que nous pouvions volontairement aimer Dieu. Et là ça prouve que vraiment on aime Dieu.
Donc l'idée de libre arbitre dans notre mentalité occidentale c'est quelque chose qui est libre de tout conditionnement. C'est arrivé très fort avec les hippies. « Je fais ce que je veux, quand je veux, à ma manière. » Et à partir de là il y a eu un sentiment d'individualité très fort qui est né en Occident qu'un sentiment d'individualité que les gens n'ont pas en Orient. Les Indiens, les Chinois ne pensent pas du tout comme nous. Pour eux, la notion de nous est beaucoup plus développée que la notion de moi.
Et dans le Bouddha Dhamma, il n'y a pas de libre arbitre. Ce qu'on a, c'est le discernement. Avec ce discernement, on peut voir qu'il y a des choses que nous faisons qui causent de la souffrance et d'autres qui ne causent pas de souffrance. Et ainsi, on voit de plus en plus clairement la voie qui mène à la fin de la souffrance, de toutes les souffrances.
C'est comme quand on va marcher dans la montagne. On a une carte et on suit la carte. Et quand on arrive à un croisement, on vérifie sur la carte. Parce que vous savez où vous allez. Parfois on se trompe, on tourne du mauvais côté, puis on s'en rend compte, on revient. Il n'y a pas de libre-arbitre, mais il y a un choix. Mais le choix est un faux choix. Parce que si vous choisissez quelque chose qui est faux, ça vous mène à la souffrance. Vous allez souffrir. Quand vous souffrez vraiment beaucoup, vous allez chercher un cours de vipassanā. Et là, vous commencez à prendre les bonnes décisions. Et ça vous amène à votre destination. Qui est la fin de la souffrance. Donc il y a un certain sentiment de choix, mais pas de libre arbitre.
Il y avait différents enseignants à l'époque du Bouddha, six que le Bouddha a mentionné souvent en disant qu'ils n'avaient pas tout à fait bien saisi la réalité. Donc il y en a un qui était matérialiste qui disait quand on meurt, on meurt, donc tant qu'à faire, autant avoir un bon moment tant qu'on est en vie. Et nous l'avons aussi en grec, n'est-ce pas ? Le matérialisme dans la philosophie grecque existe aussi.
Il y en a un autre qui était un fataliste. La vie était prédestinée par le kamma, on ne pouvait rien y faire. Même vos choix sont prédestinés. On est conditionnés. Et donc, tout est au-delà de notre contrôle. Calvin dit à peu près la même chose. Prédestination. Ce n'est pas la position du Bouddha.
Ce qui nous permet de faire des décisions de type morale, éthique, c'est le sentiment que nous avons de culpabilité ou de honte. La culpabilité, c'est le premier geste vers la compassion. Quand on se sent coupable, c'est parce qu'on a réalisé qu'on a blessé quelqu'un. Et ça a tendance à nous entraîner vers la réconciliation. La honte, c'est plutôt lié à l'estime que nous avons de nous-mêmes. Et quand vous avez fait quelque chose, vous avez l'impression que vous n'êtes pas à la hauteur de vos propres attentes. C'est un enseignement pour nous apprendre à mieux nous comporter. Il y a beaucoup de problèmes autour de la culpabilité et de la honte quand ça devient des problèmes névrotiques. On ne va pas rentrer là-dedans.
Ça, c'était le scientisme. Ils ont un problème avec la conscience que le bouddhisme n'a pas. Ils ont aussi un problème avec l'éthique en tant que telle. Donc j'espère que vous voyez la différence entre ce que le Bouddha a enseigné et ce que le scientisme enseigne.
Maintenant, quand il s'agit de la science, il ne devrait pas y avoir de confusion entre cela et les enseignements du Bouddha. S'il y a une disjonction là-bas, c'est probablement le bouddhisme qui s'est trompé. Pas la science pure, pas la science vraie. Le scientisme, c'est des présomptions qui sont nées de différentes expériences qui ont été faites. C'est un autre isme, une autre croyance. Mais la science elle-même, avec ses expériences directes qui peuvent être prouvées, si le bouddhisme dit quelque chose d'autre, c'est que c'est le bouddhisme qui a tort.
Je vais vous donner un exemple. Heureusement, ce n'est pas dans les discours du Bouddha. C'est dans les commentaires. Dans les commentaires, ils disent que le Bouddha savait tout. Et il savait que le monde était plat. Et il y a des personnes qui le croient.
They have put the same words in the mouth of the great leader of the Jain movement of that time, Niganta. The Buddha, however, had only one objective: to liberate us from suffering.
Let us now speak about romanticism. Romanticism was a reaction to the period of the philosopher Kant, who was rational and who said that feelings and sentiments had no interest. This rationalism went well with the mechanical way that Newton saw the world, and the new ways of production with machinery alienated the worker from what he produced. The new industry with machines and all that distanced the worker from the object he produced. All this was well understood by Marx.
The reaction was this romanticism. It was principally the Germans who developed a philosophy around this. You may know Novalis and Schleiermacher. I didn't know them before having read them quite recently. They said that the universe was an organic whole. This resembles something very modern. In fact, it goes back to this period of romanticism.
And if there is a God, he is inside the universe. It's more like pantheism. They didn't necessarily believe in God, but they admired science. However, they wanted to return to nature to go beyond this alienation. And the highest spiritual experience one could have was to feel at one with nature, to be absorbed in its beauty. And this absorption would be better the more you learned it. The more one practiced this, the more one was absorbed. And this allowed us to see how sublime nature was. We came to see beauty in the simplest thing, like a flower, a leaf. And because we were in nature, this feeling of separation disappears. So this was their highest experience that one could have.
And they believed, these particular people believed that there was a reason for the universe, that it was going somewhere. These two romantics said there was a reason for this universe, that this universe was heading somewhere. We could not know where it was going. We are part of this process, so we cannot know where it's going. So the deepest suffering was not being part, not being part of this process.
There was no particular way to obtain this unity with nature. One had to find, each person had to find their own way of doing it. And since we were part of an organic universe, we had no choice there. So we are part of this causality that created the universe and of which we are part in an organic way.
Now, the confusion for Westerners is to think that sometimes, in Buddhism, there is this error of believing that the Buddha said there is an interconnection between the universe and us, that we are one with the universe. But there is nothing that says this in the Scriptures. No. The connection is at the ethical level. He says that we create a good or bad society according to how we behave. The goal is not to create a society—that happens naturally. The goal is to purify our own heart.
Does this mean we can no longer appreciate nature? The process of liberation does not stop us from appreciating things, from appreciating life, from appreciating others. As we said earlier, the process of liberation from suffering does not prevent us from enjoying, from appreciating beautiful things, nature, life, human relationships.
There is a passage in the Scriptures where it says the Buddha went to have his meal with Ānanda, his attendant. And he said to him, "Let us go to this beautiful place or this beautiful spot to eat our meal." So it's not as if the Buddha was not conscious of what was beautiful or that he didn't appreciate what was beautiful. But the objective of our practice is not to be at one with nature. And the goal of our practice is not to become one with nature. But if this experience happens to us, that's very good. It's just not the goal.
And again, we find ourselves with the problem of ethics, which often resembles something fatalistic or predestined. But the Buddha's teaching is that our ethics is based on a wrong understanding of things. No, I didn't express that well. Our behavior is often based on a wrong understanding of things. Our behavior is often based on a wrong understanding. The morality we show is an expression of our wisdom or our lack of wisdom. This is why ethics is really at the heart of the Buddha's teaching. Because through ethics, through the observation of virtue, we arrive at the original error.
And the original error is found in the feeling we have of being someone. This feeling of being a person is something that appears on the screen of consciousness. And it is through this feeling of being a person that we enter into the phenomenal world that we create. And because we believe we are this world, we seek—but the world is not reliable. So we begin to collect. We begin to accumulate things. We become acquisitive of all things. That's a good word for greed. And the more I have, the more I feel secure. The more I have, the more I feel safe. If I have more money, more friends, more food, it gives me more and more the feeling of being secure.
Why do I need this feeling of security? Because I know that underneath, everything is going to disappear. Ah! I push away the idea of death, of the disappearance of all things, by gathering many things. If there are others who try to take what I possess, I must get rid of them. And there we have aversion. And if this person is bigger than me, I must run. And if this person who wants to take my possessions is stronger than me, then I must flee. I flee carrying all my possessions—that's fear. And so greed, aversion, and fear are all these fundamental attitudes we have because of this error.
And while the romantics thought that this absorption in nature was the highest experience humans could have, the Buddha himself had much deeper absorptions that we call the jhānas. But he said even that was not satisfying, so the goal was to go beyond phenomena, beyond the universe, and that is Nibbāna.
So the third is psychotherapy. Freud is very close to the Buddha, because at the end of his teachings, he said we had two things that drove us in life: the desire to live and the desire to die. The Buddha also emphasized these two very deep desires that are in us.
The goal of most of these psychoanalysts was to make us comfortable with life. We were not seeking the end of suffering. I don't know if Freud believed in the afterlife. The thing was to bring things out of the subconscious and bring them to the conscious level. That was what was supposed to heal the turbulence in us. We find this in meditation—it's exactly what happens. We heal the turbulences. It's rather the goal that is different. In our meditation, we don't try to psychoanalyze ourselves or try to bring things out. Our goal is different, and while we follow our goal in a certain direction, the heart manages to heal itself.
And also behaviorism, which went in the other direction—it seemed to ignore our inner life. And that we could finally condition people to behave in good or bad ways. The stick or the carrot. If you want the dog to sit, you give him treats. If you want the donkey to move forward, you give him a carrot. And if he doesn't want to move forward, you give him a tap with the stick. And people like Skinner thought we should be trained like that.
And it's true that there is something true in that. Each time we do something where we obtain a certain amount of pleasure or reward, we repeat it. Every time we do something that brings us either pleasure or reward, we tend to repeat it. But afterward, it can become addictive. And when we do something that costs us, that hurts us, we don't tend to repeat this action. But it was a very—it just denied your inner life. But all this theory denies—it denies our inner life.
And then there was the humanistic movement. There again, there are some who were quite close to the understanding of Buddhism. But again, it was this holistic idea. The idea was not to worry too much about everything that is subconscious. We must develop to become complete human beings. So the humanistic school had the idea of developing—we had to develop ourselves. But in all these schools, what is missing is transcendence.
They understand ethics in their way. And their assumption was that if we managed to cleanse ourselves of all these traumas we could have, we were automatically a better person. And that's probably true.
So where does the Buddha's teaching fit in all this? We've spoken a bit about ethics, how ethics appears from the relationship we have with the world in which we are. One of the images I use is that of Narcissus. If you remember the story, Narcissus looks at himself in a river and he sees his own image. And he falls in love with his own image and wants to embrace it. He falls into the water and drowns. This is often understood as an act of pride or self-pride. But spiritually, it works perfectly.
When intuitive awareness finds itself in the consciousness of this psychophysical organism, when intuitive awareness—when intuitive consciousness sees itself in consciousness, it's the self-consciousness that we have when we meditate. When I propose that you transform everything you feel into the form of an object, and you feel yourself as being the one who observes or who feels. So this self that you see is the image of this intuitive consciousness in consciousness. Ah, it's its reflection. And it goes in this direction. And there we enter into the waters of creation. Ah, water in mythology is always creation. Water in mythology is always creation, and it drowns in the phenomenal world, the world that we create. So the process returns to the edge of the river.
So I'm just going to leave you with one or two quotes. The Buddha speaks to people and he makes this statement: "There is something that is unborn, that has not become, and that is not fabricated. If there were not—if this thing that was unborn, unfabricated, unconditioned did not exist, one could not escape from what is born, what becomes, what is conditioned."
Now, the word he uses here in Pali is atthi. There are two words for the verb "to be" in Pali. One is hoti and the other is atthi. Hoti is what we call—like when you say "it's a smartphone"—it's just connecting two words. We make the link between two words. While atthi means it really exists. So people, when they asked him the question "when you die, will you continue to exist?", at that moment, they used the word atthi in the sense of existing in itself.
There is an even clearer description here: "There is a dimension where there is neither earth, nor air, nor fire, nor water." In other words, the physical world does not exist. The others are linked to these internal absorptions. Then he speaks of interior absorptions—the dimensions of the infinite, of infinite space, etc. These are all the dimensions of different meditative absorptions. These are levels of very deep meditative absorption where everything disappears from the mind.
"There is not this world, there is not the world after, there is no moon, there is no sun. No going, no coming, and no staying either." We are outside of time. "There is no appearance, no disappearance. There is nothing. No. So things are neither fixed nor moving. There is no support." In other words, it does not rely on anything. "Just that, that is the end of suffering." That is the end of suffering, when we arrive at that space.
There are teachers who deny this teaching on transcendence. And I don't understand how they can do it. It's crying out at you—there it is, that's how it is.
Last year, I gave a talk, I think it was last year, about a nun called Mechi Kiao, I think that's how it's pronounced. And she died in 1991. So she's contemporary. It's not someone who lived in medieval ages or long ago. And she was an arahant. She is completely liberated. So this is what she says:
"The body, the mind, and the essence are all distinct and these are separate realities. Absolutely everything is known." That means we are conscious of it. "The earth, water, fire, and air"—this physical world. "The body, feelings, memories, thoughts, and consciousness"—the translation of the five aggregates we spoke about. "Sounds, the product of the five senses, and emotions. Anger, greed, and wrong view of things are known. I have become perfectly aware of them, as they are, in their natural, true state. And no matter how much I am exposed to all this, I am unable to detect, even for an instant, when they have the force, the power over my heart. They appear and disappear. They change all the time. But the presence that is aware of them never changes for an instant. It is forever unborn and undying. It cannot die. That is the end of suffering."
So there is someone who was born in our time and who tells us that transcendence exists. And that is in this direction that all the teachings of the Buddha point.
I simply hope that my words have been of some assistance, have helped you a little. I haven't created even more confusion. And that through your devotion to practice, you may be liberated from all suffering. Preferably sooner rather than later.